Chapitre 16 – Différentes façons de triompher

Grey

Chapitre 16

Apprendre que son serviteur participerait au tournoi sans qu’on l’ait consulté au préalable pour obtenir son autorisation, lui avait déjà été désagréable. Mais Ser Mickolas n’était ensuite apparu qu’in extremis à l’écurie pour contrôler que son armure était correctement attachée, et Grey en avait été encore plus contrit. En tant que son mentor, et son protecteur attitré pour la durée du déplacement chez leurs voisins, le rôle du maître d’armes aurait dû être de l’assister de bout en bout durant son équipement, mais Ser Mickolas avait visiblement jugé qu’il avait mieux à faire. Se remettre de sa propre confrontation, sans doute -non que celle-ci eut paru lui coûter beaucoup, étant donnée la facilité avec laquelle il l’avait emporté.

En dépit de son agacement intérieur, Grey adressait de chaleureux sourires à la foule qu’il saluait depuis le pied de la tribune où l’avait rejoint son adversaire. Ce sourire, sur le visage avenant et assuré qui était le sien, lui gagnait souvent bien des amitiés, mais il n’avait jamais eu à en user devant un public nombreux. A la timidité des applaudissements, Grey perçut avec une cruelle acuité à quel point il n’était qu’un inconnu aux yeux de cette audience, loin de sa maisonnée auprès de laquelle sa popularité était acquise.

Par chance, son adversaire n’avait pas recueilli davantage d’acclamations.

Grey avait toujours été chanceux. Et pour cette première joute, à l’occasion de son premier tournoi, s’il avait eu à choisir, il n’aurait pas préféré d’autre adversaire parmi les concurrents inscrits, que celui auquel il avait été apparié par hasard.

Ser Andar Royce était le plus jeune des fils de Lord Yohn Royce : il avait peut-être tout juste quinze ans. Issu d’une famille de chevaliers fameux, il était néanmoins comme Grey un novice dans l’art de la joute. Là où affronter son frère Robar ou son père Lord Yohn, tous deux aguerris et renommés, aurait représenté un véritable défi, faire bonne figure face à ce jeune chevalier inexpérimenté paraissait à la portée de Grey.

Grey dévisagea Andar un instant ; il lui trouva l’air prêt, si par « prêt » on entendait « visiblement crispé par l’enjeu, et prêt à craquer », ce qui était nécessairement un atout en faveur de Grey.

Le perdant de la joute devrait remettre son cheval, son armure et son épée au vainqueur. Traditionnellement, tout ceci était rendu en échange d’une « rançon » symbolique ou équivalente à la valeur de l’équipement perdu. Grey avait été pourvu d’une bourse pour pouvoir payer sa rançon et il n’était donc pas inquiet de cet aspect d’une possible défaite : tout comme Andar, ce que Grey souhaitait plus que tout était d’éviter de se ridiculiser face à un peuple qui le découvrait là pour la première fois, et surtout face à l’assemblée d’une bonne partie des plus nobles figures du Val : on acquérait parfois un surnom à l’occasion d’événements comme ce tournoi, et Grey préférait mille fois rester un chevalier inconnu, anonyme, que s’attirer dès sa première présentation publique un sobriquet ridicule qui le poursuivrait jusqu’à la fin de ses jours.

Tout en les saluant, Grey étudia les visages d’Alleister et Lindzy Wight, mais n’y décela aucune marque d’une faveur particulière à son égard : il restait un invité comme les autres à leurs yeux. Grey avait réussi à les approcher, mais il lui restait encore beaucoup à faire avant qu’ils le perçoivent comme ce qu’il entendait être : un invité particulier.

Cela commencerait peut-être par une victoire dans cette première joute.

Dans un claquement d’éperons, les deux jouteurs se séparèrent pour regagner chacun leur extrémité de la lice. C’était la répétition d’un rituel suivi par chaque compétiteur depuis des générations, de tournoi en tournoi, mais pour Grey chaque geste était une première fois, et il s’appliquait à respecter les usages avec la plus grande rigueur. Lorsqu’il fit volter son cheval pour faire face à son adversaire, il ressentit toute la solennité de l’instant, et un poids soudain lui creusa la poitrine.

L’échec était possible.

Combien de fois dans son existence est-on confronté à la possibilité d’un échec ? A seulement dix-sept ans, Grey s’y trouvait exposé réellement pour la première fois. Et dans quelles circonstances ! Devant le plus grand rassemblement de personnalités du Val auquel il ait jamais assisté ! Sans compter les centaines de petites-gens qui colporteraient ensuite la rumeur de sa victoire ou de sa défaite de taverne en taverne dans toute la région.

L’échec était possible. Mais il n’était pas autorisé. Grey avait une ambition, pour lui, pour sa maison, et cette ambition ne pourrait s’accomplir si son parcours commençait par une défaite.

Sa volonté raffermie par ce constat, il brandit sa lance à la verticale, et son adversaire lui répondit. Le héraut leva son drapeau, et sur un signe de Ser Alleister, l’abattit.

Tout se mit à trembler dans son champ de vision. La silhouette de Ser Andar se rapprocha, démesurément vite. Sa cible. Grey fixa un point, ajusta l’alignement de sa lance. Se prépara au choc.

Et survint l’impact.

Depuis les tribunes, on n’entend pas réellement le bruit des lances qui se brisent : il se noie dans la cohue générale des cavalcades, des cris de la foule, et du bringuebalement des armures. Mais lorsque la lance d’Andar se brisa sur son armure, presque au même instant que sa propre lance l’atteignait en retour, Grey n’eut que ce son à l’esprit.

Comme si c’étaient ses os qui se brisaient. Comme si c’était son destin qui s’éparpillait en un faisceau d’allumettes flottant entre eux deux. Puis aussitôt, sa vision fut bouleversée. Focalisée sur un homme et son cheval, elle fut brutalement remplacée par l’intense bleu du ciel, et Grey crut qu’il était parti à la renverse. Mais si ses pieds commençaient effectivement à flotter dans ses étriers, Grey continuait de sentir le cuir de sa selle entre ses cuisses, les flancs de son destrier entre ses mollets : seule sa tête était partie en arrière. Transformée en plomb par le poids de son heaume, il lui parut soudain impossible de la redresser. Et chaque soubresaut occasionné par la course de sa monture lui faisait quitter furtivement son siège : c’était un miracle qu’il soit toujours en selle.

Encore un instant, et ses étriers lui adresseraient un amer adieu. Encore un instant, et il pourrait récupérer, tranquillement, à terre. Encore un instant et il s’écraserait au sol sous quarante kilos de métal, à la vitesse effarante de sa monture en plein galop.

Il ne pouvait pas se le permettre.

Il ne pouvait pas prendre le risque de se blesser dans sa chute. Pas prendre le risque de se ridiculiser devant toute l’assemblée.

Il se remémora la devise de sa maison, comme Ser Mickolas la lui avait répétée quelques instants plus tôt : « Nous tenons bon ».

Une devise plus facile à respecter pour la garnison d’un château fortifié, adossé à la montagne et qui n’avait jamais eu à tirer l’épée face à un seul adversaire en trois siècles d’existence, que pour un pauvre type quasiment couché sur son cheval avec un espoir de s’y maintenir pratiquement vain.

« Gwaaaaaaa ! »

Conjuguant un cri d’encouragement et une traction aveugle sur ses rênes, Grey parvint à se donner la force de redresser son buste. Sa monture brutalement ralentie par la manœuvre, il se trouva subitement propulsé vers l’avant. Sa tête vint heurter la tranche de son bouclier, l’assommant à demi. Il voulut se passer une main sur le visage, mais ne réussit qu’à faire sonner le fer de son gant sur l’acier de son heaume. Le corps et le visage crispés, les épaules avachies, encore en selle mais seulement par miracle, Grey chercha à aspirer une grande goulée d’air, mais n’en perçut que ce que voulut bien laisser filtrer son étroite visière.

Il laissa échapper un juron de frustration, avant de s’apercevoir que sa monture était à l’arrêt, et qu’un jeune garçon s’était approché de lui : un valet de la maison Wight, qui lui tendait une nouvelle lance, intacte celle-ci. Grey ignorait complètement ce qu’il avait fait du manche de la première qu’il avait utilisée. Il regarda, hagard, du côté de la lice, et s’aperçut que son adversaire avait fait volte-face, et était prêt à engager le deuxième assaut. Grey était loin de l’être, pour sa part.

Est-ce qu’on pouvait abandonner, dans un tournoi ?

Bien sûr, on pouvait. Mais Grey ne pouvait pas abandonner. « Grey Archelon, le déserteur ». Non, il faudrait lui trouver un autre titre, désolé. Il était tombé contre un novice, par les Sept ! Il n’allait pas tourner le dos à cette chance !

Il tira sur ses rênes pour orienter son destrier, et sa main avait repris sa fermeté habituelle.

« Ho ! », lança-t-il sèchement, et l’avertissement valait autant pour le cheval que pour l’homme.

Refusant de céder à l’urgence de l’instant, Grey s’accorda le temps qui fallut pour rétablir le rythme régulier de sa respiration. Alors seulement, il brandit à son tour sa lance à la verticale, en réponse à l’appel d’Andar Royce, de l’autre côté de la lice.

Le drapeau s’abaissa, et les deux cavaliers s’élancèrent à nouveau l’un vers l’autre.

Cette fois, Grey était déterminé.

C’était comme si la première passe n’avait été qu’une épreuve, destinée à lui permettre de se hisser réellement à la hauteur de l’enjeu. Lorsque son adversaire et lui ne furent plus qu’à un peu plus d’une longueur de lance, il se dressa sur ses étriers comme Ser Mickolas lui avait appris à le faire, mettant son équilibre en péril mais gagnant quelques précieux centimètres. Il projeta en avant son bouclier et sa lance, et fit à la fois dévier l’attaque d’Andar, et porter la sienne, en plein torse. « TIENS ! » hurla-t-il à pleins poumons tandis qu’ils se croisaient.

Il se laissa retomber de tout son poids sur sa selle, intact. Loin derrière, il discerna un vacarme qui ne lui avait jamais paru aussi viscéralement jubilatoire. Il voulut regarder par-dessus son épaule, menaçant de perdre stupidement l’équilibre en entraînant son cheval avec lui, et se retreint. Il patienta jusqu’à ce que sa monture ait atteint le bout de la lice pour la faire volter, adressant durant ces longues secondes des prières muettes au Guerrier et au Père.

Lorsqu’il se trouva enfin face à Ser Andar Royce, il le découvrit à terre, à genoux, cherchant des deux mains à ôter son heaume de bronze.

Une impulsion bien naturelle gonfla Grey de l’envie de brandir les poings en signe de victoire, de crier pour relâcher la tension qui s’était accumulée dans ses nerfs et dans ses muscles. Mais Grey contint son explosion : son poing se serra, mais il ne le brandit pas ; son cri se fit souffle, dans le secret de son heaume.

Révéler son excitation aurait été un signe d’immaturité, et Grey entendait se donner une autre apparence que celle d’un jeune fringuant : il visait la reconnaissance de ses pairs, à la table des grands.

Il se contenta donc de desserrer calmement la boucle de son casque pour s’en libérer, et rappeler son visage à la foule, cette fois perçu comme celui du vainqueur. Sur le terrain, Andar Royce s’était remis sur ses pieds, et quittait piteusement la scène en lui tournant le dos. Grey salua donc la foule en levant sa main ouverte haut au-dessus de sa tête, souriant, et sortit à son tour, au pas.

Le long de son parcours paisible vers l’écurie, on lui adressa quelques sourires et hochements de tête, et il se retint d’afficher le rictus qu’il lui arrivait d’arborer lorsqu’il savourait une victoire.

Ser Mickolas était une nouvelle fois introuvable, mais il n’en avait cure : ses sens avaient été soumis à un tel pic d’effervescence que plus rien ne semblait avoir d’importance à présent. Tout était comme ouaté, les sons autour de lui étouffés, le poids de son armure évaporé.

Il descendit de sa monture et la conduisit seul à sa stalle, défit lui-même la selle, brossa la bête, comme à l’époque -pas si lointaine- où il n’était que l’écuyer de Mickolas. Il exécutait ses gestes avec légèreté, avec lenteur, comme si c’était la dernière chose qu’il aurait à faire aujourd’hui. Il s’assit ensuite à l’extérieur de l’écurie sur un tabouret, et entreprit de se libérer tranquillement du poids de son armure tout en regardant passivement les gens défiler devant lui.

Combien de temps resta-t-il dans cet état second, à ôter une à une les pièces de sa cuirasse ? Suffisamment longtemps en tout cas pour que la joute suivante ait le temps de se jouer, car il vit finalement arriver un chevalier en armure, le caparaçon de sa monture orné d’un poing de fer sur champ blanc et violet. C’était le blason d’une maison mineure des Terres de l’Ouest -laquelle, déjà ? Cela n’avait plus d’importance, à présent.

L’homme descendit de cheval et le salua avec une révérence ironiquement appuyée.
« Ser, mes félicitations pour votre victoire ! »

Grey lui répondit d’un hochement de tête, souriant benoitement.
« Je vous en remercie. Avez-vous également triomphé ? »

L’autre retira son casque, révélant un visage amène, encadré de cheveux noirs rassemblés en un chignon bas sur la nuque. Un léger bouclier brun entourait ses lèvres fines et rieuses.

« De façon déloyale ! », gronda un autre homme, lui aussi en armure, qui les rejoint soudainement sur le pas de l’écurie. Grey reconnut sur son tabar le griffon noir sur champ jaune des Sewell, qu’ils avaient rencontré la veille au temple. Il s’agissait du frère du Lord, Ser Dalton Sewell, un homme à l’air noble et droit, aux cheveux noirs courts et frisés. Sa mâchoire carrée et glabre était crispée par la colère.

Le reste de sa maisonnée n’était que quelques pas derrière lui, de même que, étonnamment, Ser Mickolas à la tête d’une poignée de curieux, qui ne tardèrent pas à les entourer pour assister à l’échauffourée.

« Qu’y avait-il sur votre bouclier, Ser Barthelme ? Vous lanciez des éclats lumineux lorsque vous faisiez face au soleil ! »

L’autre esquissa un sourire en coin, matois.
« Voudrez-vous l’examiner ? Vous n’y trouverez aucun artifice : je crains que vous n’ayez été ébloui que par ma supériorité technique, Ser. »

« Il y a bien eu un éclat lumineux lors de deux de vos trois passages, Ser Barthelme », appuya Ser Mickolas, en s’avançant derrière Ser Dalton. Son intervention acheva de dégriser Grey, qui se mit à grimacer : il aurait préféré éviter de se retrouver mêlé à un conflit dont il n’avait a priori rien à espérer.

Le réel recommença à avoir prise sur lui. Le prénom du chevalier atteint sa conscience. Grey comprit que le chevalier pris à partie était Ser Barthelme Senjak : l’adversaire qu’il serait appelé à affronter pour sa prochaine joute. Tout à son bonheur d’avoir triomphé, Grey avait négligemment quitté la lice sans s’intéresser au combat suivant qui voyait s’affronter ses deux prochains potentiels adversaires : Ser Mickolas avait visiblement pallié cet oubli, ce qui expliquait qu’il ne l’ait pas rejoint à l’écurie après sa victoire.

Grey s’efforça d’atténuer la rougeur de l’embarras qui gagnait ses pommettes. Personne autour ne lui accordait de toute façon la moindre attention.

« Un premier éclat à votre premier passage, rien au deuxième. Un nouvel éclat au troisième et dernier passage, suffisamment aveuglant pour me faire perdre de vue ma cible », insista Ser Dalton. « A chaque fois lorsque vous étiez orienté spécifiquement par rapport au soleil. »

Barthelme haussa les épaules.
« Vous vous aveuglez tout seul », se moqua-t-il. Puis, plus pernicieux : « Savoir reconnaître sa défaite est la marque d’un homme d’honneur. »

Les yeux de Grey se rivèrent instantanément à ceux de Barthelme : c’était exactement la bonne réplique à adresser à un homme d’honneur pour lui faire ravaler ses griefs. Celle que Grey lui-même aurait employée s’il s’était trouvé dans la position de l’accusé : soit Ser Barthelme était un esprit agile, soit il était un habile manipulateur. A voir son attitude provocatrice, il était difficile de trancher entre ces deux hypothèses pour l’instant, mais Grey nota qu’il lui faudrait se méfier de l’homme dans un cas comme dans l’autre.

La réplique avait en tout cas fait mouche, et instantanément désamorcé la situation : Ser Dalton s’était raidi, mâchoire toujours crispée et narines pincées, puis il avait simplement tourné les talons, entraînant les siens à sa suite. Ne restaient plus que quelques curieux, Ser Mickolas, Grey et Ser Barthelme. Ce dernier leur sourit sans dire mot, puis s’en alla attacher son cheval dans l’écurie. Mickolas le suivit du regard avec une expression particulièrement intense.

Intrigué, Grey finit par se lever de son tabouret pour se porter à la hauteur de son maître d’armes. Il resta un instant en silence à observer avec lui Ser Barthelme qui confiait son cheval à son écuyer, sans comprendre.
« M’expliquerez-vous ? », finit-il par demander.

Ser Mickolas s’arracha au spectacle a priori sans intérêt de l’écuyer qui prodiguait les soins d’usage à la monture, et tourna son regard vers Grey.
« Voyez-vous, je sais que Ser Barthelme voyage officiellement seul avec son écuyer. Or, je découvre là que Ser Barthelme possède deux chevaux en cette écurie. Ce sont tous deux des destriers, et je m’étonne qu’un écuyer freluquet comme celui-ci se voie offrir par son maître l’honneur de monter une authentique bête de combat.
Or, il se trouve que Ser Barthelme a dû mettre à mort l’un de ses chevaux cet après-midi, après que celui-ci ait causé à Ser Robar Royce la blessure qui l’a privé de participation au tournoi.
J’en déduis donc que Ser Barthelme est arrivé à Château-Brillant avec TROIS montures, pour deux cavaliers -dont un seul chevalier. Voilà qui était singulièrement prévoyant de sa part ! »

Son regard se fit plus intense, sa voix plus basse, et il s’approcha de Grey pour n’être entendu que de lui.
« Tout ce que j’ai vu de ce Ser Barthelme jusqu’à présent me laisse supposer qu’il est du genre à jouer des tours, jeune seigneur. Et sachant qu’il vous fera face lors de la prochaine joute, je ne peux que redouter les stratagèmes qu’il aura imaginés pour se débarrasser de vous… »

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