Chapitre 23 – Le poison

Eleanne

Eleanne avait vu Lord Alleister Wight quitter la tribune. Peu de temps après, un serviteur portant la livrée des Palamede s’était approché de Lady Theodora pour parler à son oreille. Et à son tour, Theodora s’était levée, raide comme une reine courroucée, mais le visage étrangement pâle. Elle avait quitté la plateforme en toute hâte, non sans adresser à chacun de ceux qui s’y trouvait un léger sourire poli pour excuser son départ.

C’est alors que les deux chevaliers s’étaient élancés, et que Ser Mickolas avait défait son adversaire. Cette fois encore, il ne s’était pas contenté de le démonter, mais l’avait proprement embouti. Même à la distance à laquelle Eleanne se trouvait, au bord des lices, on pouvait voir le côté complètement enfoncé du heaume du chevalier aux Trois Ours, qui semblait avoir du mal à se remettre de sa chute. Chevaleresque comme on pouvait s’y attendre, Ser Mickolas était venu l’épauler et l’avait accompagné hors du champ de joute.

Eleanne s’était alors trouvée dans la délicate situation de devoir choisir entre suivre Theodora Palamede pour en savoir plus sur la nouvelle qu’elle venait d’apprendre, ou rejoindre Ser Mickolas et son infortuné adversaire pour leur porter assistance. La curiosité la rongeait, mais elle choisit néanmoins d’aller vers Mickolas, où elle serait le plus utile… et où elle pourrait aussi découvrir l’identité du fameux chevalier mystère !

Elle s’arrêta sur le pas de son pavillon, lorsque Mickolas vint en sceller l’ouverture. Elle s’apprêtait à s’annoncer pour qu’on la laisse entrer, lorsqu’elle décela une étrangeté dans la voix du chevalier aux Trois Ours, s’adressant à Mickolas. Elle tendit l’oreille, et se déplaça lentement pour s’approcher, à l’extérieur du pavillon, de l’endroit où devait se trouver le chevalier, à l’intérieur. Au bout de quelques minutes, ses yeux s’écarquillèrent quand elle comprit : c’était une femme ! Elle recula d’un pas et porta une main à sa poitrine, comme pour reprendre son souffle. Elle se représentait parfaitement la figure de la femme rousse qu’elle avait repérée dans la cour de Château-Brillant le jour de leur arrivée. Elle se souvenait de son physique aiguisé, et de l’envie d’action qui se lisait dans son regard : elle aurait mis sa main à couper que c’était cette femme qui faisait à présent face à Mickolas.

Bien, ces deux-là ne vont pas avoir besoin de moi, jugea-t-elle après un court instant. Je ferais mieux de retourner au château, en espérant que ce soit là que les choses se passent.

Elle fit demi-tour et pressa le pas pour rejoindre les murailles, étincelantes de blancheur dans la lumière de ce milieu d’après-midi. Elle dépassa dans la cour plusieurs silhouettes affairées à leurs occupations quotidiennes, mais crût remarquer quelques groupes de personnes qui discutaient, avec des expressions significatives sur le visage : excitation, inquiétude, curiosité… Ces trois sentiments s’animèrent d’autant plus vivement en elle, et c’est presque en courant qu’elle gagna la pièce où s’étaient tenus jusque-là les banquets. Deux soldats en armure étaient en train d’en refermer lentement la haute double-porte. Ceux-ci relevèrent insensiblement leurs hallebardes en reconnaissant sa robe de septa et son étoile à sept branches : leur geste était hésitant, mais elle s’affirma pour ne pas leur laisser l’occasion de changer d’avis, et plaça sa main sur la poignée avec assurance… avant d’ouvrir la porte avec une précaution retrouvée.

Elle devait visiblement s’estimer chanceuse qu’on l’ait laissée entrer, car il n’y avait à l’intérieur de la vaste pièce que les principales personnalités présentes au château : exclusivement des chevaliers, dames et seigneurs, dont certains qui venaient visiblement tout juste d’arriver, comme elle. Et au centre, avec l’air de profondément regretter de se trouver là, le mestre Narses.

Les joutes avaient dû être interrompues après la victoire de Ser Mickolas, et tous les invités de haut rang avaient alors dû se diriger vers cette pièce, alertés par les départs précédents de leur hôte et de Lady Theodora.

Ser Grey s’était naturellement joint au mouvement. Il se tenait en position de spectateur, entre les Hawk et les Lockhart. Elle se glissa à ses côtés, auprès de Lady Prudence Hawk, sachant pouvoir compter sur la bienveillance de la Dame à son égard.

Lord Alleister se déplaçait, excessivement lentement, les mains jointes dans son dos, de son trône jusqu’au centre de la pièce, et du centre vers son trône.

« Vous connaissez nos intentions, Lord Alleister : elles ont toujours été claires. Pour quelle raison aurions-nous voulu nuire à ceux auxquels nous voulons lier notre sang ? » plaida Theodora Palamede, bras écartés et mains ouvertes comme pour prouver son innocence. Ses traits délicats, sa mise parfaite plaidaient pour elle davantage encore que ses paroles : mais Eleanne savait mieux que quiconque combien l’apparence pouvait se révéler être un mensonge, plutôt qu’une preuve.

Alleister ne répondit pas. Lord Elias Palamede s’avança alors, drapé dans sa dignité et la main posée sur le pommeau de son épée. Un pas, puis deux, dépassant sa sœur puis le mestre pour occuper le devant de la scène.
« On a attenté à ma vie ce matin. A présent c’est ma réputation qu’on cherche à assassiner à travers l’humiliation de mon serviteur. C’en est trop : j’exige un duel. »

Des souffles se suspendirent, et on entendit le bruissement de dizaines d’étoffes lorsqu’une partie des spectateurs s’agitèrent nerveusement. Elias pointa son doigt accusateur vers les Fingal, de l’autre côté de la pièce :
« J’affirme que ce dont vous avez accusé Mestre Narses est un mensonge. Retirez votre déclaration, bâtard, ou vous devrez m’en répondre. »

Logan Snow cligna lentement des yeux, et tordit ses lèvres en un sourire qui manquait de son habituelle confiance en lui-même. Il pressa le bras de son frère, se tourna vers son père, puis s’avança à son tour d’un pas.
« Je maintiens ce que j’ai dit, Lord Elias : j’ai vu votre mestre ranger quelque chose dans sa besace, et j’aurais ignoré qu’il s’agissait d’une matière suspecte s’il ne s’était pas comporté de façon très louche pendant qu’il s’affairait. On l’a fouillé : je ne comprends même pas comment vous pouvez mettre en doute les faits puisqu’on a bien retrouvé le poison sur lui ! »

Eleanne écarquilla les yeux en entendant le mot « poison ». Autour d’elle, l’assistance s’était mise à bruisser de malaise.

« Niez-vous qu’il le portait ? »

« Je nie qu’il l’ait apporté ici, Snow. On l’y a placé », grinça Elias entre ses mâchoires serrées.

« Et je précise qu’on ne m’a pas fouillé », précisa Mestre Narses. » J’ai moi-même remis ma besace à Lord Alleister pour qu’on examine son contenu. C’est la preuve de ma bonne volonté, et de mon ignorance qu’il pouvait s’y trouver un tel poison. »

« Vous auriez paru d’autant plus suspect si vous vous y étiez opposé, et vous n’auriez de toute façon pas pu aller contre l’autorité du maître des lieux », objecta le Nordien, avec une révérence artificielle à destination de Lord Alleister.

« Je vous accuse d’avoir inventé ce que vous dites avoir vu, Snow, et si vous persistez, alors tirez votre arme et prouvez-le devant les Sept ! », siffla à nouveau Lord Elias.

« Mais enfin, y était-il, ou n’y était-il pas, ce poison ? », fit mine de s’agacer Logan.

Lord Alleister avait rivé son regard au plafond depuis quelques instants, et il le laissa redescendre vers les protagonistes, froid et définitif.

« Je pense que Lord Elias vous accuse de l’y avoir mis, Logan Snow », clarifia-t-il avant de prendre une profonde inspiration. « Les mots sont allés trop loin à présent et si aucun d’entre vous n’accepte de les retirer, alors il convient effectivement de trancher la question. Lord Elias invoque un duel : si vous le lui refusez, alors vous lui donnez raison. »

Logan Snow resta un instant interdit, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.
« Mais enfin Milord, je ne suis même pas chevalier, moi ! »

Alleister haussa une épaule et désigna l’assemblée du côté de sa famille d’un geste vague.
« Vous avez tout à fait loisir de choisir un champion pour vous représenter. »

Le visage du Nordien se referma, tandis qu’il réalisait qu’il n’y aurait pas d’astuce qui lui permettrait de s’échapper du piège où ses provocations l’avaient conduit cette fois. Il regarda autour de lui, pouces glissés dans sa ceinture, et son habituelle expression malicieuse refit son apparition.

« Lord Alleister », annonça-t-il enfin, « S’il doit en être ainsi, je prends cette assemblée à témoin. Et si les dieux doivent trancher entre nos deux positions inconciliables, je demande que chacun ici prenne parti.
Lord Elias m’a défié : à moi le choix des armes. J’invoque un duel des Sept ! »

Eleanne porta instinctivement une main à son ventre en grimaçant.

Certains hommes aiment engendrer le chaos, et Logan Snow était de ceux-là.

Un maelstrom de bruit et d’agitation avait suivi sa déclaration, et puis finalement tous parurent accepter la règle du jeu qu’il avait édictée : ce serait bien un duel des Sept, une forme de duel qui n’avait à peu près plus court aujourd’hui, au cours duquel sept champions en affrontaient simultanément sept autres, chacun défendant l’une des parties pour faire triompher sa vérité.

Se trouverait-il sept chevaliers pour défendre la parole d’un fils de Lord certes, mais bâtard, et Nordien, contre celle d’un authentique seigneur du Val ?

Dès que les discussions avaient commencé à s’animer, les trois Fingal étaient allés trouver les patriciens du Val, les Royce et les Corbray, et -fait incroyable- après de longs palabres, ils semblaient les avoir gagnés à leur cause.

Logan Snow, Ser Wallace Fingal, Lord Yohn Royce, Lord Lyonel et Ser Lyn Corbray : leur coterie était déjà pratiquement composée.

De l’autre côté, Lord Elias et son frère Demetrios avaient presque immédiatement rallié à eux les deux frères Lockhart ainsi que Lord Hasgard Sewell et son frère Dalton.

Lady Theodora s’était dirigée vers Grey, avec un sourire moins confiant que celui qu’elle avait toujours arboré jusque-là. Un sourire qui témoignait soudain d’une certaine fragilité, qui la rendit plus humaine aux yeux d’Eleanne.

« Ser Grey, pourrons-nous compter sur votre bras, ou sur celui de votre maître d’armes ? », lui demanda-t-elle sur le même ton que si elle l’invitait simplement à partager une danse. Grey avait visiblement espéré qu’on l’oublierait cette fois-ci, et qu’il n’aurait pas à prendre position : cette danse-ci risquait de coûter plus d’une vie.

« Milady, mon sang est du Val, vous le savez », lui répondit-il avec ce sourire que seul ceux qui ne le connaissaient pas intimement prenaient pour une expression de chaleur sincère. « Mais je m’avoue plutôt dépassé par tout ça. Que faisait votre mestre avec ce poison au château ? »

Theodora hocha négativement la tête :
« Ce poison n’est pas le sien, il nie formellement l’avoir apporté.

Quand bien même, un mestre transporte avec lui toutes sortes de simples pour exercer ses soins, et il n’y aurait pas à chercher plus loin la raison de la présence de ces herbes dans ses affaires, si elles avaient été les siennes. »

La bouche de Grey se tordit en une grimace désolée. « C’est que la maison Wight a eu à regretter un incident récent lié à un empoisonnement, et je comprends que le cas pose particulièrement problème à Lord Alleister. »

Le sourire s’effaça du joli visage de Theodora.
« Pensez-vous que nous aurions quoi que ce soit à voir avec ça ? » l’interrogea-t-elle, incrédule, et retrouvant un peu du ton hautain qui avait été le sien les jours précédents, mais avec une véhémence qui avait les accents de la vérité.

« Le fait est que votre mestre se trouvait à Château-Brillant quelques jours avant l’accident dont a été victime Lord Jakob », intervint Lady Prudence Hawk, s’immisçant sans vergogne dans la conversation.

Theodora la dévisagea comme si la Dornienne était un ver émergeant d’une pomme, sa tête reculant même de quelques pouces pour l’éloigner de l’intruse.
« Et qu’en sauriez-vous, vous ? »

« Vous ignoriez peut-être que nous nous trouvions à Château-Brillant avant tous ces incidents, ma chère », sourit Lady Prudence, aussi onctueuse qu’un serpent constricteur.

Les sourcils de Grey s’étaient froncés lors de l’échange. Comme Eleanne, il découvrait soudain un pan de l’histoire dont ils n’avaient pas encore eu connaissance. Les Palamede se seraient-ils entendus avec Alleister pour supprimer son père qui gênait leurs plans ?

« N’allez pas tout mélanger, Lady Prudence. Vous croyez savoir des choses, mais vous élaborez des élucubrations à partir de faits épars dont vous ignorez tout. »

« Mais éclairez-nous donc, ma chère », invita Prudence, toujours aussi dangereusement mielleuse.

Theodora à l’inverse, se referma. C’est d’un ton sec qu’elle revint à Grey, feignant d’ignorer la Dornienne.
« Ser Grey, souvenez-vous de ce que nous nous sommes dit hier. » Elle posa une main nue sur les avant-bras croisés de Grey et laissa planer un silence, laissant Grey se remémorer la scène, et les autres l’imaginer. « Puis-je compter sur la présence de Ser Mickolas aux côtés de mon frère ? »

Eleanne trouva étonnant qu’elle utilise le singulier, là où ses deux frères étaient en réalité engagés dans le duel à venir. Grey prit un peu de temps pour répondre.

« Vous le pourrez… si je ne me trouve pas moi-même enrôlé dans le camp adverse. Il me faut tirer certaines choses au clair, pardonnez-moi. »

Theodora lui adressa un regard d’une dureté furieuse.
« Il est question de vie et de mort, cette fois. Choisissez bien vos ennemis, Ser Grey. »

« C’est bien ce que j’entends faire, Milady. »

Le visage de Theodora était empourpré, ses lèvres pincées. Elle aurait pu être sur le point de lui flanquer une gifle, ou de fondre en larmes, et resta un instant suspendue ainsi. Puis elle se détourna simplement, mais avec vigueur, repeignit un sourire sur son joli minois, et se rendit avec grâce jusqu’à Lord Alleister pour reprendre ses négociations.

Les Fingal se présentèrent aussitôt devant Grey pour entamer les leur.

« La promesse de sexe n’a pas suffi à vous corrompre, j’ai l’impression », amorça Logan Snow.

« Je vous demande pardon ? », répondit Grey en ouvrant de grands yeux.

« Mon frère veut dire que vous ne vous êtes pas laissé manipuler par les airs de biche sainte de Theodora. C’était un compliment, à la façon Nordienne. » Wallace Fingal ponctua l’explication d’un clin d’œil. « Les dieux savent qu’il peut être difficile de résister à une femme quand elle présente de tels arguments, et je m’imagine qu’il doit se passer des choses étonnantes au lit avec une femme de son tempérament. »

« La… question n’entre pas en ligne de compte », bafouilla Grey. « J’aimerais plutôt que vous m’expliquiez comment vous avez découvert que Mestre Narses possédait ce poison, Ser Logan. »

Logan Snow avait un côté naturellement charmant, tout comme son frère Wallace, avec ses manières décontractées et son contact facile -sans parler d’un corps et d’un visage bien faits. Mais alors que Ser Wallace gardait cette distinction qui faisait de lui un gentleman, l’absence de retenue dans l’attitude de Logan trahissait une nature plus pendable, une habitude des entourloupes et un désengagement vis-à-vis de toute forme de contrainte. Le col de sa chemise blanche était largement ouvert sur son poitrail, révélant une chaîne argentée, et davantage de peau et de pilosité qu’une femme -a fortiori une septa- ne pouvait en voir sans être un tant soit peu troublée.

« Je l’ai vu de mes propres yeux, Ser Grey. Il s’était mis dans un coin discret et il pensait que personne ne le voyait, et alors il a ouvert sa besace, il en a tiré une petite bourse, en a versé le contenu sur une table pour regarder la quantité qui lui restait, puis il a tout remis dans sa bourse, et dans sa besace. »

« Et vous, vous saviez ce que c’était ? »

Logan eut un vague haussement d’épaules. Il parlait en agitant les mains, comme un prestidigitateur.
« Les gens prudents cherchent à connaître ces choses qui peuvent leur faire du mal, plutôt que de considérer que seuls ceux qui pourraient vouloir s’en servir ont des raisons de s’y intéresser. »

Les mestres et les soigneurs apprenaient effectivement à distinguer les poisons, pour pouvoir diagnostiquer les intoxications et les traiter : c’est ce qui expliquait qu’Eleanne les connaisse elle-même, sans qu’elle ait jamais eu ne fut-ce que la pensée d’en utiliser un jour pour empoisonner qui que ce soit. Logan Snow n’avait pas l’air d’être le genre de bonhomme à s’occuper de la bonne santé de son prochain, mais Eleanne l’avait entendu jouer et faire des paris lors des repas : il devait peut-être sa culture des poisons à certains milieux douteux dans lesquels il évoluait, et dans lesquels la méfiance envers ses partenaires était la première -et la plus nécessaire- vertu.

Les sourcils de Grey restaient froncés.
« Mais vous dites que Narses pensait que personne ne le voyait. Où était-il alors, et comment se fait-il que vous l’ayez vu, vous ? »

Logan eut un léger rire et s’agita nerveusement. « Vous ne le croiriez pas, si je vous racontais. »

Grey plissa les yeux avec une moquerie de sourire d’encouragement.
« Eh, racontez-moi quand même ! »

L’autre haussa les épaules, visiblement gêné.
« Il se trouve que je suis tombé par hasard sur une pièce, dans le château,… »

Les mains d’Eleanne se mirent à trembler malgré elle, et les paroles du Nordien disparurent sous le sifflement qui envahit progressivement ses oreilles. Une chaleur suffocante la submergea. Sans entendre les mots que prononçait Logan, elle sut instinctivement de quelle pièce il parlait. C’était LA pièce. Celle que lui avait montré Barthelme Senjak. Ce résidu étroit d’où on pouvait observer fortuitement une partie de la chambre d’Elias Palamede. La pièce où Senjak l’avait agressée.

Un coup de poignard la traversa au bas-ventre, et ce fut comme s’il la violait de nouveau. L’air lui manquait, elle suffoquait. Elle crut qu’elle allait perdre conscience. Ou vomir, l’un des deux. Quoi que ce soit pour s’arracher à ce malaise.

Puis une main délicate se saisit de la sienne, et la ramena au présent, la tirant de son cauchemar.

« Tout va bien, ma chère ? » C’était Lord Willard Fingal. Ses yeux bleus bienveillants la dévisageaient avec une inquiétude sincère. Il ne la pressa pas de répondre, et elle put alors prendre le temps de recouvrer ses esprits avant de répondre d’un fantôme de sourire.

« Je vous remercie, Milord. J’ai eu une faiblesse passagère, mais tout va mieux à présent. »

Lord Willard lui retourna simplement un sourire très doux, et ramena son attention à la conversation : il s’était porté à son côté avec une grande discrétion et l’incident -comme son agression, de fait- semblait n’avoir alerté personne d’autre.

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